Préambule d’une vie rêvée

Comment se poser, comment se reposer, comment t’écrire et pourquoi t’écrire ?

Il y a bien longtemps que nous ne nous sommes pas rencontré, que nous n’avons pas échangé. Je ne sais pas si tu vois comme ma vie à changée, comme elle va encore changer. J’ai trouvé des photos de toi, de moi, de notre jeunesse. De cette époque où un rêve se faisait de jour comme de nuit, où le passé n’existait pas. Cette époque que l’on dit innocence mais qui dans ma mémoire fonctionne comme inconscience. Nous n’étions pas innocents. L’inconscience me manque. Aujourd’hui c’est sur cette idée que se base ma vie, c’est en tout cas mon impression, sur cette idée que la conscience de chaque chose ne me permet pas d’avancer. Concept saugrenu ; feinter l’ignorance afin de créer une consistance existentielle ; qui n’est pas l’objet de cette lettre, mais je t’en parle car cet objet, justement, m’échappe.

Où es-tu aujourd’hui ? Je croie que tu me manque. En même temps, je redoute d’apprendre ce que j’ai fait de toi. Je t’ai abandonné je le sais, mais quand, comment ? Toi tu as su t’effacer avec dignité. Tu m’as laissé à ma vie, à me nouvelles préoccupations. Je ne me suis rendu compte de rien.

J’ai peur que ce soit très égoïstement que je revienne vers toi. Tu dois avoir vue comment je gère ma vie, l’avoir suivie depuis ces années. Tu dois savoir qu’aujourd’hui, je ne sais plus exactement où j’en suis. Je croie que je cherche les nouveaux objectifs de ma vie. Je ne parle pas d’un travail ou d’une famille – et tu sais ce que j’entends par famille – mais de ce que j’ai besoin de construire afin que tu sois fier de moi, je dirais même plus, afin que tu m’admire. Je sais que je me laisse porter sur bien des sujets, que je ne m’investis pas suffisamment. Il y a également bien des futilités qui occupent mon esprit. J’ai besoin que tu me rappelle la vie dont nous rêvions, que tu m’aides à redéfinir les chemins de mon devenir. Dernièrement, je me suis perdu, j’ai besoin de toi afin de me reconquérir, d’être de nouveau maître de moi.

Je vais bien, ne t’inquiète pas. Et je sais que ma vie t’inquiètera, comme elle a dû déjà le faire, et je sais que tu auras peur pour moi.

Cette lettre me fait du bien. Reprendre contact avec toi m’a fait réfléchir avec plus de maturité que ce à quoi je pouvais m’attendre. Les silences entre mes mots on apportés des esquisses de réponses. Je sais que tu ne peux pas me répondre, ce qui est un regret, quelque part, mais les fantômes ne parlent pas. Je ne pense pas non plus qu’ils donnent des signes ou se manifestent par une quelconque voie. Mais je vais tacher de constituer les conseils que tu m’aurais donnés, avec le vocabulaire que tu avais, avec la fragilité, avec l’innocence, finalement, l’innocence que j’avais.